Salut à tous ! Je m’appelle Lauren et je fais partie des auteurs que coache Pia. Celle-ci m’a proposé de rédiger cet article alors que je m’apprête à tenter le NaNoWriMo. Je prévois également de rédiger une sorte de compte rendu à l’issue de ce qui se profile comme un sacré défi pour moi ! Merci Pia de m’avoir accordé ta confiance ! J’espère que cet article vous apportera quelques éclaircissements sur ce projet littéraire un peu délirant, venu des États-Unis.

Si vous êtes passionné(e) d’écriture romanesque mais que vous vivez dans le monde réel, vous avez forcément dû entendre parler du NaNoWriMo, ce défi littéraire lancé par un écrivain américain en 1999. Et si vous êtes plutôt du genre écrivain ermite dépassé par le monde moderne, je vous livre une petite explication sur ce qu’est le National Novel Writing Month dans la première partie de cet article sous forme de témoignage. Pour enchaîner hardiment sur les raisons pour qui m’ont poussées à me lancer dans cet incroyable défi. Faites chauffer les claviers, le prochain NaNoWriMo aura lieu dans un peu moins d’un mois !

Déjà, le NaNoWriMo, c’est quoi ?

Rien à voir avec le nouveau concept d’un auteur de science-fiction à la mode, non, non. Le NaNoWriMo, ou “Mois national de l’écriture de roman” (le nom a été trouvé avant que l’idée n’essaime dans d’autres pays du monde), est né de l’esprit du romancier Chris Baty. 50 000 mots en 30 jours, voilà le défi auquel vous déciderez de vous mesurer si vous acceptez de participer à la session de novembre 2021. Soit l’équivalent d’un court roman.

Débuté en juillet 1999 aux États-Unis (avec seulement 21 participants), le projet fait désormais gratter des millions de pages à des centaines de milliers d’auteurs débutants ou confirmés à travers le monde. Et comme l’organisation ne manque pas d’ambition, elle a également mis au point d’autres projets tels que le Young Writers Program ou le Camp NaNoWriMo organisé chaque année, en avril et en juin.

Cette année, le défi commencera le 1er novembre 2021 pour s’achever le 30 du même mois. Et pourrait permettre à une foule de participants, sinon de mettre le point final à leur projet d’écriture, du moins d’avancer plus sur leur roman en 1 mois, qu’ils n’auraient osé l’espérer en un an. Enfin… sur le papier !

Si vous écrivez un roman jeunesse, vous vous demandez peut-être si vous devriez participer à ce genre d’événement. J’ai choisi de tenter ma chance cette année pour différentes raisons que je vais essayer d’expliquer maintenant.

Faire taire la perfectionniste qui se cache en moi (et me gâche la vie)

Vous êtes du genre à passer des heures sur le même mot, à vous bloquer des mois entiers sur un chapitre sans jamais en être tout à fait satisfait ? Moi aussi. La seule mise au point de mon histoire m’a réclamé des mois, et j’ai recommencé cette dernière plusieurs fois avant de commencer à me dire que je tenais quelque chose. Bref, ce roman pour enfants, j’y travaille depuis bientôt 3 ans.

Eh bien, j’ai justement l’impression que le NaNoWriMo pourrait m’emmener très loin de ma zone de confort, ou plutôt d’inconfort, tant le perfectionnisme poussé à l’extrême peut nous gâcher la vie à tous.

Parce que oui, c’est vrai, écrire 50 000 mots en 30 jours peut paraître colossal. Surtout si vous ne dépassez pas les 300 mots par semaine. Et, oui, pour dépasser vos limites et vous transformer en machine à cracher des paragraphes, il va falloir revoir légèrement à la baisse vos exigences.

C’est ce que je trouve particulièrement intéressant dans le projet : me forcer à mettre en sourdine mon “éditeur intérieur”, comme l’appelle justement Chris Baty dans son ouvrage Écrivez un roman en 30 jours – Pas de panique. Et laisser enfin s’exprimer le génie littéraire frénétique qui sommeille en moi, et se fiche de pensées limitantes telles que “Je n’irai jamais au bout de ce roman”. En fait, si, je peux. Je vais me gêner, même.

Personne n’a affirmé, en revanche, que les 50 000 mots que j’allais sortir durant ce NaNoWriMo seront dignes d’un Grand Prix de l’Imaginaire. Mais j’aurai au moins obtenu 50 000 vrais mots sur lesquels concentrer mes efforts de réécriture. Et Pia aura enfin, de nouveau, du matériel à analyser et critiquer !

Je pourrai alors rebrancher mon critique littéraire intérieur, celui qui ne m’a guère lâché depuis toujours, mais qui va me faire le plaisir de prendre quelques vacances le temps de me lancer dans ma course aux 50 000.

Quelques explications s’imposent…

Pour que vous puissiez mieux me situer, laissez-moi ouvrir une petite parenthèse et vous expliquer en quoi consiste mon projet de roman :

J’écris depuis l’âge de 9 ou 10 ans et j’ai toujours rêvé de devenir romancière. Mais il y a quelques années, peut-être parce que je suis devenue maman, sans doute pour d’autres raisons encore plus intimes, j’ai décidé de me lancer dans la littérature jeunesse. Et, quitte à en baver, de me faire publier dans une maison d’édition plutôt que d’opter pour l’autoédition.

Il y a environ 2 ans, j’ai contacté Pia afin qu’elle mesure, avec des outils plus précis que les miens, la taille du gouffre abyssal qui séparait les premières pages de mon soi-disant roman d’un récit digne d’être publié par quelqu’un d’autre que ma tante Michèle avec l’imprimante de sa boîte.

Pia m’a confirmé qu’il y avait du boulot.

Deux ans plus tard, après moult versions, des mois de doutes et de remise en cause, des dizaines de débuts et de re-débuts, des heures de conversations téléphoniques et écrites avec Pia, et aussi pas mal de pauses d’écriture,  me voici avec un plan détaillé de roman, un découpage par chapitre et par scènes qui me convaincrait plutôt, une centaine de pages écrites, et la nécessité, désormais, de remplir les scènes encore vides de mots choisis, de vraies descriptions, de dialogues qui claquent, etc. Il faudrait aussi que je pense à écrire des phrases plus courtes.

Fin de la parenthèse.

Apprendre à planifier grâce au NaNoWriMo

Durant ces 30 jours de NaNoWriMo, c’est une véritable guerre que je vais devoir mener. Contre ma volonté, mon emploi du temps surchargé, mes sollicitations permanentes, sans oublier ce fichu syndrome de l’imposteur. Je n’entre pas dans les détails, nous vivons probablement le même genre de vie…

Soyez sûr(e) d’une chose : si vous vous laissez le temps de réfléchir à la valeur de votre intrigue ou la place de votre personnage principal, vous n’irez pas jusqu’au bout du défi. C’est ma conviction profonde. Pour accomplir ce NaNoWriMo, je vais devoir endosser le costume de l’auteur jeunesse obsessionnel. Celui qui ne se laisse jamais distraire de sa tâche, son appartement fût-il en feu (en vrai, j’ai quand même fait vérifier mes extincteurs).

Et comment exécuter ce petit miracle en un mois, alors que je rame depuis des années sur le même manuscrit ? Tout est dans la préparation.

Lorsque j’ai entendu parler du NaNoWriMo pour la première fois, j’étais plutôt sceptique. Ce qui me retenait ? La même chose que bien des écrivains en herbe, je suppose. La peur de lâcher, de partir dans tous les sens, d’écrire n’importe quoi juste pour atteindre le Graal des 50 000.

Et puis, j’ai réalisé que ce défi pourrait en réalité constituer une occasion en or de partir enfin sur de bonnes bases avec mon projet de roman fantastique. J’ai revu entièrement mon plan et effectué un découpage ultra-précis, scène par scène. Comme beaucoup d’éléments en sont déjà écrits, je suis également en train de distribuer ces passages dans les différentes scènes planifiées. Le NaNoWriMo, pour moi, consistera simplement à écrire “dans les trous”, partout où il faut des descriptions, des dialogues, de l’action. Hors de question de réfléchir à la structure de mon récit : comme j’ai déjà tout prévu en amont, je n’aurai, si tout se passe comme prévu, qu’à me laisser porter.

Encore une fois, le résultat ne sera sans doute pas à la hauteur de mes exigences. Mais je devrais au moins tenir un premier jet exploitable, à retravailler comme on polit chaque facette d’un diamant (ouh-la, je m’emballe un peu !).

Me laisser surprendre

L’avantage, quand on a bien planifié son travail, c’est qu’une fois dans l’écriture, on peut se laisser aller. Vous voyez le NaNoWriMo comme un marathon asphyxiant ? J’ai plutôt décidé de le vivre comme une plongée dans les profondeurs de mon inspiration. Difficile, au début : qui a dit qu’écrire 50 000 mots en 30 jours était une partie de plaisir ? Mais au bout de quelques jours, la régularité de l’effort commencera à porter ses fruits.

Ce que j’espère d’abord, c’est d’apprendre à lâcher prise et devenir efficace. Si un passage me bloque depuis 30 minutes, ou que le mot que je cherche refuse de sortir, je n’aurai pas d’autre choix que de lâcher l’affaire. Je dois produire une moyenne d’environ 1700 mots par jour (week-ends et jours fériés), je n’ai donc pas une seconde à perdre avec ce genre de sottises. J’ai l’intention d’écrire comme ça me vient, de surligner en jaune fluo tous les passages insatisfaisants pour m’avertir d’y repasser plus tard (en décembre, par exemple), et d’avancer. Ou bien, de laisser tomber ce paragraphe qui me fait inutilement souffrir, et de m’éclater sur ce dialogue fun auquel j’aurai pensé toute la journée. Par exemple.

Un petit café et le NaNoWriMo repart.

Je vous présente mon meilleur ami du NaNoWriMo : le café.

À force de me laisser guider par mon inspiration et mon plaisir, le défi du NaNoWriMo pourrait devenir le révélateur de ma voix d’écrivain. Celle qui restait enfouie sous les strates de doutes, de peurs et de ma manie du contrôle. Ça se résume pour moi à un conseil : Pour réussir mon NaNoWriMo, je dois écrire comme si plus rien n’avait d’importance. Comme si j’avais 6 ans et que mon rêve était d’écrire une fanfiction de Peppa Pig.

Faire des annonces officielles

Je sais. Vous avez un boulot. Peut-être même deux boulots. Des enfants. Une vie sociale. Des parents un chouïa envahissants et un conjoint possessif. Du linge qui s’accumule. Des bocaux à stériliser. Le chien à toiletter. Et moi ? Trois garçons, un amoureux, une activité pro à mon compte, une deuxième activité pro en cours de développement, et deux mois de ménage en retard. La vie ne nous laisse pas tellement l’occasion de souffler.

Mais ce que j’ai surtout, c’est un roman à écrire. Le seul fait d’envisager un défi aussi exigeant que le NaNoWriMo prouve à quel point cette histoire compte pour moi. Et une telle passion mérite d’être partagée, vous ne trouvez pas ?

La vérité, c’est que personne ne comprendra que je m’ enferme dans mon bureau à l’heure de l’apéro, si je n’explique pas ouvertement ce que je suis en train de faire, et en quoi c’est un challenge. Parce que mes amis, ma famille ne sont pas écrivains. En revanche, écrire quatre pages word standard par jour pendant un mois, sorties de ma seule caboche,ça, ils peuvent très bien imaginer ce que ça représente. Mon fils de 10 ans n’accepte de manger ses brocolis (son cauchemar absolu) qu’avec la certitude que ses parents l’applaudiront son assiette avalée. Il y a tellement à apprendre des enfants !

Alors pour une fois, je vais arrêter de me la jouer stoïque : ce que je m’apprête à faire est impressionnant. J’ai besoin d’encouragements pour réussir. Je vais expliquer, réclamer du soutien, et insister si on ne me comprend pas. Après tout, les gens qui m’aiment n’ont-ils pas envie de me voir réussir ? D’être fiers de moi ? Ben si.

Alors, ce NaNoWriMo ?

Vous le tentez, ou pas ? De mon côté, je serai ravie de vous faire le récit de cette grande première, sur laquelle je mise beaucoup ! Je pense notamment à tous ces auteurs qui ont fait publier leur roman après leur participation à un NaNoWriMo : Erin Morgenstern, Sara Gruen… Et pourquoi pas moi ?

PS : Je viens de me rendre compte que cet article pulvérisait déjà la moyenne à rédiger chaque jour pendant un NaNoWriMo. Plutôt bon signe, non ?

Pour aller plus loin :

Construire votre roman jeunesse comme un pro : partie 1 et partie 2

Comment vaincre la procrastination ?

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