Les auteurs jeunesse (et les écrivains en général) seraient-ils dotés du pouvoir de conduire leur histoire de la première à la dernière ligne ? Sans un regard en arrière ni la moindre hésitation ? C’est une idée que partagent beaucoup d’auteurs en herbe, souvent terrassés dès les premières pages par l’incroyable complexité de l’exercice. Mais pour mener un roman à son terme, encore faut-il échafauder des bases solides. Parmi lesquelles le héros et l’enjeu tiennent une place primordiale !

L’inspiration suffit-elle pour écrire un roman ?

On l’a tous fait. Une idée jaillit à la faveur d’une lecture inspirante ou d’une conversation édifiante. Pas juste « une » idée. L’Idée. Celle qui va lancer votre carrière de romancier jeunesse. Ni une ni deux, vous vous précipitez sur votre ordinateur, ouvrez votre logiciel de traitement de texte… et c’est parti ! Pendant quelques heures, quelques jours, quelques semaines, peut-être, vous écrivez avec frénésie. Heureux, vous êtes, et plutôt fier. Votre rêve serait-il sur le point de se réaliser ?

Puis un jour, vous vous installez devant votre écran, et plus rien. Votre histoire, hier encore si géniale, vous paraît absurde aujourd’hui. Comment avez-vous pu croire que vous teniez le roman jeunesse qui allait faire de vous un auteur publié ? À présent, face au curseur qui clignote avec l’air de vous traiter de « dégonflé(e) », vous regardez votre histoire avec les yeux de la raison : une bonne idée, certes, mais une construction déplorable. Des personnages inexistants. Une intrigue qui ne va nulle part.

Vous avez entendu comme moi ces récits d’auteurs chez qui l’étincelle de l’inspiration a permis de réaliser des chefs-d’œuvre. Ces écrivains qui ont rédigé sans interruption ni plan. Et, oui, ça existe. Mais, non, ça ne concerne pas la majorité des écrivains jeunesse qui se considèrent plutôt comme des forçats de l’écriture, construisant pierre après pierre leur édifice.

Vous le savez. Le talent sans le travail n’est rien. Vous voulez votre histoire ? Il va falloir aller la chercher. Creuser loin, dans la boue et dans la roche, avec les ongles parfois. C’est à ce prix que vous créerez le petit miracle d’un roman jeunesse publiable.

La première phase ? Des fondations en béton qui vous éviteront de partir dans tous les sens à un moment ou à un autre. Dans cet article-fleuve en 2 parties, je vous présente quelques-uns de mes meilleurs conseils d’écriture pour bâtir la structure de votre roman étape par étape, et écrire une histoire que vos lecteurs enfants ou ados ne pourront pas lâcher.

1. Par où commencer pour bâtir votre récit ?

Alors, par où commencer pour partir sur de bonnes bases ? Faut-il d’abord développer une idée ? Une scène ? Échafauder un scénario ?  Les spécialistes de l’écriture divergent sur ce point. Mais en ce qui concerne le roman pour enfants / ados / jeunes adultes, je n’hésiterai pas à trancher.

Commencez par créer votre personnage principal.

Votre guide : le protagoniste

Pourquoi ? Parce que c’est lui qui portera votre histoire. Qui lui donnera vie. Sans personnage principal soigneusement imaginé, votre idée – même géniale – restera une triste chose abstraite dénuée d’émotions et de couleurs.

D’ailleurs, vous savez quoi ?  La plupart des grands auteurs de littérature jeunesse sont partis de leur héros pour concevoir leur roman. Et ceci, avant d’avoir eu la moindre idée de scénario, ni même d’univers.

Visions de héros

 

Et vous, quelle est votre vision ?

C’est le cas de Stephenie Meyer, l’auteure de la saga Twilight.  Le point de départ de cette série à succès ? Un rêve mettant en scène ses deux futurs personnages principaux.

« Dans mon rêve, deux personnes étaient en pleine conversation dans un champ entouré d’une forêt. L’une d’elle était une fille. L’autre était incroyablement beau ; il semblait briller et c’était un vampire. Ils discutaient des problèmes liés aux faits suivants : A. Ils étaient tombés amoureux l’un de l’autre alors que B. le vampire était attiré par l’odeur de son sang et avait beaucoup de mal à se retenir de la tuer sur le champ. »

Stephenie Meyer

Quant à Christelle Dabos, l’auteure de La Passe-Miroir, elle explique que l’univers de sa série de romans s’est construit autour de la vision de sa future héroïne 

 « C’est dans ce moment de détente que cette image d’une jeune femme qui émerge d’un miroir, avec une écharpe qui se déroule jusqu’au sol, a émergé. Très vite, sûrement grâce à un mélange d’influences et d’œuvres, j’ai vu tout un imaginaire en toile de fond. […] Pour l’histoire, non, je n’en avais pas la moindre idée. Les personnages ont précédé tout le reste, l’univers, puis le récit. Pour cela, j’ai dû travailler. »

Christelle Dabos

Cette façon de procéder n’est d’ailleurs pas propre aux auteurs pour enfants.

Zola, par exemple, avait coutume de se concentrer sur son personnage principal, sans se préoccuper, au départ, des événements qui se produiront dans son roman, ni du début ni de la fin. Après deux ou trois mois à étudier son héros sous toutes les coutures, il était capable de s’en faire une idée incroyablement précise. Au point de le voir et de le sentir. Il était alors certain de donner à son roman la couleur et le parfum du monde dans lequel ce personnage évoluait.

Vous l’avez compris, dans un roman – en particulier lorsqu’il s’adresse aux jeunes – le personnage principal est le pivot du récit. Non seulement il est au cœur de l’identification ou des désirs de votre jeune lecteur, mais c’est aussi autour de sa quête que se construira votre histoire.

Bien sûr, vos idées – quelles qu’elles soient – sont précieuses. Il ne s’agit pas de les oublier, au contraire : notez-les, développez-les au brouillon.  Mais veillez toujours à les organiser autour de votre personnage principal. C’est lui le noyau dur de votre roman.

Et c’est à partir de lui que se déroulera facilement votre histoire. À condition de ne pas oublier les deux éléments suivants.  

2. Les deux éléments indispensables pour construire des fondations solides

Au moment de créer votre héros, vous avez sûrement entendu / lu ce conseil : « Fais des fiches ! »

OK, c’est souvent très utile. Surtout si vous êtes du genre à tout planifier.

Malheureusement, ces fiches occultent presque toujours les deux aspects  fondamentaux de votre personnage. Vous aurez beau avoir soigneusement réfléchi à l’apparence physique, au caractère, aux qualités, aux défauts, à la famille, à l’entourage, à l’évolution de votre héros, vous n’irez pas loin si vous n’avez pas travaillé pas à fond les deux aspects suivants : le but et l’enjeu.

« Viser la lune pour atteindre les étoiles »

Votre personnage n’a pas de but exaltant aux yeux de votre jeune lecteur ? Votre histoire n’aura aucun intérêt pour lui. 

 

Voilà, ça c’est de l’objectif !

Voilà pourquoi vous devriez définir, avant même d’avoir écrit une ligne, l’objectif de votre personnage principal. À quoi aspire-t-il ? Que cherche-t-il à obtenir ? Quelle est sa quête ? Qu’est-il prêt à faire pour cela ?

Mais attention. Si vous voulez que votre lecteur dévore votre roman, le but de votre personnage doit susciter non pas un vague intérêt, mais son enthousiasme délirant. Pour cela, cet objectif devrait :

👉 Être au cœur de ses préoccupations. Par exemple, si vous écrivez pour des ados, donnez à votre personnage principal un objectif désirable aux yeux de votre lecteur, comme la popularité, la confiance en soi, la reconnaissance, la quête d’identité, l’amour, etc.

👉 Découler d’une ou plusieurs faiblesses. Sans problème, votre personnage n’aura aucun but intéressant. L’objectif de votre personnage devrait donc lui permettre, s’il parvient à l’atteindre, de résoudre des difficultés majeures. Par exemple, gagner l’affection d’un adulte qui saura le protéger et lui faire oublier les maltraitances de sa famille, comme Zézé, dans Mon bel oranger.

👉 Lui faire vivre des émotions fortes : la joie, l’espoir, mais aussi la tristesse et la colère. Votre personnage doit vivre intensément et se découvrir en poursuivant sa quête.

👉 Être difficile à atteindre (mais pas impossible). Si votre personnage principal parvient à surmonter les obstacles à la vitesse de l’éclair, votre histoire perdra très vite son intérêt aux yeux de votre lecteur. Mettez votre personnage en danger, maltraitez-le, que diable !  C’est ce qui donnera du piment à votre histoire. Et dans le cas où votre personnage atteint son objectif, faites douter votre lecteur jusqu’au dernier moment : réussira ? Réussira pas ?  

👉 Opérer un changement important chez votre personnage principal. Après avoir surmonté – ou non – les obstacles, celui-ci ne devrait pas être le même qu’au début de votre roman. Il devrait avoir changé de façon significative, que ce soit en bien ou en mal. 

Autre chose. Le but de votre personnage devrait se dessiner dès les premiers chapitres de votre roman. Pas à la fin. Pas même au milieu.

Pourquoi cette précision ?

Vous êtes-vous déjà retrouvé face à un bavard qui vous raconte une histoire avec force détails sans que vous compreniez où il veut en venir ?  C’est énervant. Et même lassant. Au bout de quelques minutes, vous n’avez plus envie de l’écouter

C’est la même chose quand vous écrivez votre texte. Si, au bout de quelques pages, votre lecteur ne saisit pas – au moins en partie – le but de votre personnage principal, il refermera aussi sec votre roman.

Et ce n’est pas tout ! Pour que cet objectif soit palpitant jusqu’au bout, posez-vous la question suivante.

Quel est l’enjeu de votre histoire ?

Car oui ! Un but ne peut être intéressant que s’il lié à un enjeu puissant.

Mais alors, me direz-vous…

Quelle est la différence entre l’objectif du héros et l’enjeu d’une histoire ?

L’objectif est le but plus ou moins conscient de vos personnages. Par exemple, l’objectif de Victoria, votre héroïne, est d’attirer l’attention de Théo, le play-boy du lycée, dont elle est secrètement amoureuse.

L’enjeu est… ce qui est en jeu. Autrement dit, ce que votre personnage va gagner ou perdre selon qu’il atteint ou non son objectif.

 

Votre personnage principal est comme un joueur de poker. Il doit jouer gros !

Quel est l’enjeu pour Victoria ? Si elle parvient à attirer l’attention de Théo, elle vivra sa première histoire d’amour et sera enviée de toutes les autres filles.

Si elle n’y parvient pas, elle restera une ado timide et mal dans sa peau, sa vie ne changera pas et son personnage ne connaîtra pas ou peu d’évolution.

Dans le cas de Victoria, l’enjeu est au cœur des préoccupations d’une adolescente : vivre son premier amour, devenir populaire. En atteignant son objectif, elle obtiendra l’amour et la popularité, deux éléments qui lui permettront de connaître une évolution importante.

C’est donc un enjeu puissant, susceptible de faire naître des émotions fortes.  Évidemment, dans ce genre d’histoire, votre lecteur – ou plutôt votre lectrice – s’attend à ce que Victoria atteigne son objectif. Il se doute donc qu’elle y arrivera. Votre talent de conteur consistera à faire croire jusqu’au dernier moment que Victoria ne parviendra pas à attirer l’attention de Théo. Le suspense résidera donc dans les difficultés de Victoria à atteindre son objectif.

Un exemple d’enjeu sans intérêt?

Votre personnage n’a qu’une obsession : retrouver sa clé (objectif).

Que gagne-t-il s’il la retrouve (enjeu) ? Il peut rentrer chez lui sans l’aide d’un serrurier. Avouez que l’enjeu n’est pas trépidant. Ici, même si votre personnage vit une foule de péripéties rocambolesques pour retrouver sa clé, vous ne pourrez pas embarquer votre lecteur dans votre histoire.

Maintenant, votre personnage a la même obsession (et le même objectif). Mais l’enjeu, c’est de délivrer sa famille captive d’un monde parallèle. S’il échoue, il risque de ne jamais revoir les siens. C’est déjà beaucoup mieux, non ?

La question de l’enjeu est donc capitale dans un roman. Pas d’enjeu = pas d’histoire.

Le troisième ingrédient pour bâtir des fondations solides ?

3. Échafaudez un système efficace de personnages secondaires 

Eh oui ! Votre personnage ne peut pas exister seul. Ça peut paraître évident, mais certains auteurs débutants négligent cet aspect. Imaginez Bilbo le hobbit sans Gandalf et les treize nains. Harry Potter sans sa kyrielle d’amis et d’ennemis : Hermione, Ron, Dudley, la tante Pétunia, l’oncle Vernon, Severus Rogue, Dumbledore, et bien sûr Voldemort.

Votre personnage principal ne peut pas atteindre son but seul. Il ne peut pas résoudre ses problèmes seul. Sans adversaire, il ne peut y avoir de conflit. Sans allié(s), il ne peut y avoir de résolution.

Créer un système de personnages secondaires est indispensable pour élaborer des péripéties dignes de ce nom – et affiner la personnalité de votre « héros ». C’est à travers eux que va se nouer et se dénouer l’intrigue.

Antagoniste, adversaires, alliés

Alors, comment construire votre réseau de personnages secondaires ?

En général, ils ont deux types de fonction :

– Mettre en valeur le héros et / ou contribuer à révéler sa personnalité.

– L’aider à atteindre son but, ou tenter de l’en empêcher.

Voici, en gros, les personnages secondaires incontournables :

L’adversaire principal : il désire la même chose que le personnage principal, et de ce fait, cherche à lui mettre les bâtons dans les roues. Il peut être mauvais, bien sûr, mais garder une part d’humanité (sinon, vous risquez de tomber dans le stéréotype) qui peut même parfois susciter la sympathie. Le personnage principal n’est pas obligé de le détester, d’ailleurs, et l’adversaire peut même être meilleur que votre personnage principal.

Les autres adversaires : ils peuvent aider l’adversaire principal, ou bien faire partie d’un autre réseau. Ce peut être aussi un allié qui trahit le personnage principal, ou bien qui retourne sa veste. Inversement, un adversaire peut se révéler un allié.

L’allié principal : le (la) meilleur(e) ami(e), un animal, un adulte bienveillant, etc.  C’est celui qui partage les valeurs du personnage principal et l’aide bien sûr à atteindre son objectif (qu’il a souvent en commun avec lui).

Pour chacun de vos personnages secondaires, définissez leur rôle précis, c’est-à-dire ce qu’il apporte au personnage principal (ou en quoi il tente de lui nuire).  Vous pouvez aussi définir la façon dont il se compare au personnage principal, c’est-à-dire la façon dont l’un et l’autre gère le même problème.

Pas d’armée mexicaine

Le piège à éviter ? Leur donner un rôle aussi important que votre supposé héros (sauf, bien sûr, si vous cherchez à écrire un roman à plusieurs voix). Une vraie armée mexicaine, selon l’expression populaire : trop d’officiers, pas assez de soldats !

Maintenant, c’est le moment de se pencher sur la structure narrative à proprement parler. Et j’en ai une super intéressante à vous proposer. Tellement intéressante qu’elle a débloqué bien des nœuds chez mes apprentis auteurs.

4. 7 étapes pour créer une structure narrative en béton

Au collège, on vous a sans doute rebattu les oreilles avec le schéma narratif : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement, situation finale. La tentation est grande de vous en servir pour bâtir votre histoire. Après tout, les contes de fées sont construits ainsi. Et cela fonctionne très bien.

Le problème ? Ce schéma narratif ne vous permet pas d’explorer les aspects psychologiques de votre héros. En le suivant, vous risquez de vous retrouver coincé(e) un jour ou l’autre. Et de ne plus savoir comment continuer.

La solution ?  Voici 7 étapes clés qui vous aideront à construire une structure narrative comme un pro. Ce n’est pas de moi, mais de John Truby, le célèbre auteur de L’Anatomie du scénario.

Je me suis amusée à vérifier si J. K. Rowling aurait pu s’en inspirer pour créer sa série de romans. La réponse ci-dessous.

 

J. K. Rowling aurait-elle appliqué sans le savoir la méthode de Truby?

Étape 1 : définissez les faiblesses et le besoin de votre héros

Selon John Truby, votre personnage principal doit avoir une ou plusieurs grandes faiblesses qui lui gâchent la vie (faiblesses psychologiques) – ou mieux blessent les autres (faiblesses morales).

Voyons si c’est le cas de Harry dans le premier tome de la série, Harry Potter à l’école des sorciers, où il est présenté comme un orphelin maltraité par son oncle et sa tante.

Ses faiblesses psychologiques ? Il est impuissant face aux injustices dont il est victime, car il ne connaît pas ses pouvoirs, et ne les maîtrise pas.

Une faiblesse morale ? Il est prompt à la colère. En particulier, il répond à la méchanceté dont il est victime par la méchanceté, par exemple avec son cousin Dudley (il fait donc du tort à son cousin, même si celui-ci est un gros méchant insupportable).

Et dans la suite de la saga ?  Ses faiblesses psychologiques vont se révéler au fil des tomes : il est impulsif, incapable de cacher ses émotions, ce qui va lui causer de sérieux problèmes par la suite (être banni de l’équipe de Quiddich par exemple).

Revenons à Truby et parlons maintenant du besoin de votre héros.

Pour surmonter ses faiblesses et améliorer son existence, votre personnage principal doit assouvir un besoin. Ce besoin doit consister dans l’accomplissement de quelque chose qui va le faire évoluer. Mais, au début de l’histoire, votre personnage doit ignorer ce qu’il a besoin de changer en lui pour évoluer (sinon l’histoire est déjà finie). Il ne doit prendre conscience de son besoin qu’à la fin, au moment de la révélation personnelle.

Quel est le besoin psychologique de Harry ? Avoir le courage d’affronter son pire cauchemar, Voldemort, et parvenir à contrôler ses émotions à ce moment-là.

Étape 2 : déterminez le désir (ou but) de votre héros

Comme je vous l’ai expliqué, votre personnage principal doit souhaiter obtenir quelque chose de façon consciente (désir ou but).  C’est la ligne directrice de l’intrigue, celle que votre lecteur suivra.  Pour atteindre ce but, il devra remédier à une faiblesse interne et du même coup, comblera le besoin qu’il ignore au début.

Attention à ne pas confondre besoin et désir, car, je le rappelle, le personnage ne doit pas connaître son besoin au début. Le désir, c’est ce à quoi aspire de façon consciente le personnage, c’est le fil directeur de votre intrigue.

Le besoin, c’est la façon dont le personnage devra changer (et qu’il ignore jusqu’à la révélation) pour atteindre ce but et améliorer sa vie.

Le désir de Harry ? Comme ce n’est pas un héros ordinaire, il en a plusieurs qui évoluent au fil de l’histoire :

– De façon générale, faire ses preuves à l’école des sorciers pour être le digne fils de ses parents, notamment en protégeant les autres de Voldemort.

– Découvrir sa famille et son histoire.

–  Empêcher Rogue (en réalité Quirell) de s’emparer de la pierre philosophale et de la donner à Voldemort.

Étape 3 : créez son adversaire

Celui-ci doit empêcher votre personnage principal d’assouvir son désir tout en tentant d’atteindre le même objectif que lui. Attention : l’objectif commun qu’ils veulent atteindre tous les deux ne saute pas toujours aux yeux.

L’adversaire de Harry : Voldemort. Ils veulent tous les deux s’emparer de la pierre philosophale, Voldemort pour avoir la vie éternelle, Harry pour empêcher Voldemort de retrouver ses pouvoirs. Voldemort veut également empêcher Harry de connaître la vérité sur la mort de ses parents pour le faire souffrir davantage – après tout, c’est à cause de lui que Voldemort a perdu ses pouvoirs.

Étape 4 : élaborez le plan de votre personnage principal

Le héros suivra un ensemble de stratégies pour vaincre son adversaire et atteindre son objectif. Son plan peut être assez vague ou au contraire très complexe.

Le plan de Harry : braver les pièges tendus par Dumbledore pour trouver la pierre philosophale avant Rogue – Harry pense que c’est lui qui cherche à s’en emparer.

Étape 5 : travaillez la confrontation finale

C’est le conflit final entre le héros et l’adversaire qui détermine lequel des deux atteindra l’objectif.

Dans le cas de Harry ? Il affronte non pas Rogue, comme il le pense, mais le professeur Quirrell, disciple de Voldemort, dont celui-ci se sert pour exister.

Étape 6 : réfléchissez à la révélation personnelle

La confrontation amène le héros à découvrir sa véritable nature. Cette révélation comporte un aspect psychologique et un aspect moral.

Dans une révélation psychologique, le héros retire son masque et se voit tel qu’il est vraiment (acte très difficile et courageux de sa part).

La révélation morale est la conséquence d’un besoin moral : le héros ne se contente de se voir sous son vrai jour, mais il prend conscience de ses erreurs et décide de changer. 

Dans le cas de ce premier tome, il n’y a pas de révélation personnelle, car Harry, en toute logique, découvrira sa véritable nature à la fin de la série.

Étape 7 : trouvez un nouvel équilibre

Tout retourne à la normale et tout désir disparaît, avec une différence majeure : le héros est transformé – grâce à la révélation :  il s’est amélioré ou au contraire il est détruit.

Quel est le nouvel équilibre dans Harry Potter à l’école des sorciers ? Harry se réveille à l’infirmerie. Dumbledore lui explique que l’amour de sa mère, qui s’est sacrifiée pour le sauver, lui offre une protection contre Voldemort.  À la fin de ce premier tome, le désir de Harry ne disparaît pas (sinon, il n’y aurait pas de suite, bien sûr). Il reste toujours une énigme autour de la mort de ses parents – mais sa souffrance est apaisée car Hagrid lui offre un livre de photos de ceux-ci. De plus, son courage est récompensé, car grâce à lui,  Gryffondor remporte la coupe des quatre maisons.

Conclusion : à chacun son chemin d’écriture

Évidemment, ces conseils sont à adapter en fonction de votre personnalité, de votre façon d’écrire et de votre projet d’écriture.

Chacun sa façon de travailler.

Aucune n’est meilleure qu’une autre. L’essentiel est de trouver celle qui fonctionne pour vous.

Cela peut prendre un peu de temps, et il se peut que vous procédiez par tâtonnements avant d’y arriver. Le principal, c’est que vous arrêtiez de culpabiliser.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Comptez-vous tester ces conseils ? Connaissiez-vous ces questions de but, d’enjeux et de structure narrative ? Avez-vous d’autres astuces qui fonctionnent ? Je veux tout savoir !

La suite au prochain épisode avec 5 autres astuces méconnues pour construire votre roman comme un pro !

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